Amélie CHEKROUN, 🥉 Médaille de bronze du CNRS 2026 !

Toutes nos félicitations à Amélie Chekroun, chargée de recherche à l'IREMAM, pour l'obtention de la médaille de bronze du CNRS 2026 !

Amélie CHEKROUN - Histoire et archéologie médiévales de la Corne de l’Afrique

Photo-Amélie-Chekroun

 Historienne, Amélie Chekroun est spécialiste de l’histoire des sociétés islamiques de la Corne de l’Afrique, à l’époque médiévale. Grâce au croisement d’un travail de terrain et de données textuelles, ses recherches ouvrent une nouvelle perspective sur l’histoire de cette région, en particulier la cohabitation et les interactions interreligieuses et culturelles. Recrutée au CNRS en 2018 au sein de l'IREMAM, et chercheuse associée au Centre français des études éthiopiennes à Addis Abeba (CFEE), elle coordonne aujourd’hui le projet ANR « Interactions en Éthiopie médiévale : l’Ifât comme observatoire des relations entre musulmans, chrétiens et non-monothéistes » (InterMedÉ, 2024-2028), ce qui lui a notamment permis d’ouvrir un nouveau chantier de fouilles à Zayla (Somaliland), principal port africain du Golfe d’Aden du XIIe au XIXe siècle. Elle place la dimension collective et l’approche pluridisciplinaire au cÅ“ur de sa démarche, en particulier le travail de formation et de transmission sur place, en Afrique.
 
Alors membre du projet ERC HornEast, entre 2017 et 2023, Amélie Chekroun rejoint le CNRS en tant que chargée de recherche au sein de l’IREMAM.

Son travail s’appuie sur les données archéologiques et textuelles. Impliquée sur le terrain depuis 2006, elle participe et codirige plusieurs prospections et campagnes de fouilles en Éthiopie (Ifat, Tigray, Tchertcher, région somali) et au Somaliland. Sa formation linguistique en guèze, arabe, et amharique lui permet de constituer et d’étudier un corpus plurilingue dispersé dans des manuscrits yéménites et égyptiens, mais aussi produits au sein du royaume chrétien d’Éthiopie, au Hedjaz, ou encore en Inde, ce qui illustre bien les connexions des sociétés étudiées avec le reste du monde à l’époque médiévale.

« Mon intérêt pour l’Éthiopie remonte à 2006, lors de mes premières campagnes de fouille, dès le master. Nous y avions découvert cinq villes ruinées de la période islamique. Depuis le XXe siècle, l’histoire de la région est trop souvent réduite à celle du royaume chrétien. Or, musulmans, chrétiens et non-monothéistes y ont cohabité et s’y sont succédé, au fil des siècles. »

À travers la coordination de l’ANR InterMedÉ, Amélie Chekroun ouvre de nouvelles perspectives sur l’histoire de la région. « Située au cœur de l’Éthiopie actuelle, l’Ifât est à la fois une région centrale géographiquement, et située à un carrefour d’échanges commerciaux et culturels, en tant que zone de rupture de charge pour les caravanes. »

« Je me félicite de ce prix, qui permet de rappeler, notamment dans le contexte actuel, que l’Afrique a bien une histoire, riche et plurielle. Cela participe aussi à accroitre la légitimité de notre démarche de terrain. Un travail toujours en interaction avec mes collègues d’autres disciplines – céramologues, épigraphistes, philologues, topographes… et toujours en lien avec les collègues sur place, sans qui on ne ferait rien. »

Chaque année, le CNRS récompense les femmes et les hommes qui ont le plus contribué à son rayonnement et à l’avancée de la recherche. Les médaillés d’argent et de bronze ont été annoncés. 7 lauréats provençaux sont récompensés cette année : 5 médailles d'argent et 2 médailles de bronze.

À retrouver sur le site de la délégation du CNRS Provence et Corse