
Photo : nouvelle église Debre Damo, Éthiopie, Nigel Pavitt, Frédéric Courbet et Justus Mulinge @ The American University in Cairo Press
Séminaire « Monuments et documents de l’Afrique ancienne : recherches en cours en histoire, histoire de l’art et archéologie »
Séminaire coordonné par Claire Bosc-Tiessé, référente (directrice d’études, EHESS - directrice de recherche, CNRS/IMAF) et Anaïs Wion (directrice de recherche, CNRS/IMAF). Avec la collaboration de Marie-Laure Derat (CNRS/Orient & Méditerranée) et Amélie Chekroun (CNRS/IREMAM).
Périodicité : bimensuel, 1er, 3e, 5e vendredi, de 14h30 à 16h30, Campus Condorcet-Centre de colloques, salle 3.08, Aubervilliers et en visioconférence (lien Zoom envoyé sur demande à claire.bosc-tiesse[at]ehess.fr ; anais.wion[at]univ-paris1.fr).
Vendredi 30 janvier 2026
Martina Ambu (CNRS, TDMAM), « Une autre histoire du monachisme éthiopien au Moyen Âge : premiers jalons pour une histoire des moniales (XIIIe-XVIe siècles) »
Cette enquête historique propose d’explorer d’une part le rôle des femmes religieuses dans les monastères éthiopiens et d’autre part la sainteté monastique féminine exaltée par les mouvements eustathéen et stéphanite. Installés dans le nord du royaume chrétiens à partir du XIVe siècle, ces mouvements monastiques se distinguaient des autres pour leurs positions doctrinales, ce qui leur valut de nombreuses persécutions de la part des rois éthiopiens. De manière générale, le rôle et la nature du monachisme féminin en Éthiopie à l’époque médiévale demeure un véritable desideratum dans la recherche. Séparées des communautés masculines par un édit promulgué par le roi Sayfa ’Ar‘ad (1344-1371), le répertoire hagiographique et archivistique des Eustathéens et des Stéphanites permet de poser les premiers jalons pour la compréhension des logiques qui sous-tendent les relations hommes-femmes dans les milieux monastiques septentrionaux. Rassemblant des sources hagiographiques masculines et féminines (partiellement publiées) ainsi que de la documentation à caractère doctrinal et canonique émanant du scriptorium royal, cette étude ouvre la porte à de nouvelles pistes d’analyse. D’abord, les moniales rattachées à ces mouvements étaient intégrées dans les monastères masculins jusqu’au milieu du XVe siècle, en dépit de l’édit royal de 1350 qui en ordonnait la séparation. Dans un second temps, les moniales eustathéennes aussi bien que stéphanites s’organisèrent dans un ou plusieurs monastères « miroirs », ou « monastères doubles » rattachés aux couvents masculins correspondants. Enfin, cette étude tente de donner une première définition de l’autorité des abbesses de ces mouvements, en relation à leur filles spirituelles et aux abbés.
En savoir plus sur le séminaire et consulter le programme complet 2025 - 2026 / À retrouver sur le site de l'Imaf et sur néobab