
Photo : tête d’Ifé @ Léa Roth
“SAIMA” - Séminaire africaniste interdisciplinaire Marseille et Aix
Ce nouveau séminaire, co-organisé entre Marseille et Aix-en-Provence par Emmie Le Galès (IMAF), Martina Ambu (TDMAM), Hadrien Collet (IREMAM), Eloi Ficquet (Césor et CeRCLEs) et Amélie Chekroun (IREMAM), a pour ambition de donner la parole aux jeunes chercheur.e.s (doctorant.e.s, postdoctorant.e.s, nouveaux et nouvelles titulaires) en histoire, anthropologie, linguistique, archéologie et histoire de l’art, dont les recherches touchent à l’histoire du continent africain sur le temps long. Chaque séance réunit deux intervenant.e.s travaillant sur des espaces et/ou des disciplines différentes, autour d’une thématique commune, afin de favoriser les discussions et les échanges et mettre au jour des questionnements transversaux. L’objectif est de réfléchir de façon collective à notre rapport aux sources, aux méthodes et aux terrains afin d’écrire l’histoire de l’Afrique et de montrer le dynamisme des recherches actuelles, pluridisciplinaires, trans-aires et trans-chronologiques.
Les séance ont lieu en alternance à la Vieille Charité (Marseille) et à la Mmsh (Aix-en-Provence), un mercredi par mois, 9h30-12h30 ou 14h30-17h30.
Infos et contacts : emmielegales[at]hotmail.fr ; martina.ambu91[at]gmail.com ; hadrien.collet[at]gmail.com ; eloi.ficquet[at]ehess.fr ; amelie.chekroun[at]cnrs.fr
Mercredi 11 février 2026, 9h30-12h30, Mmsh, salle A219, Aix-en-Provence et en visioconférence : lien Zoom / ID de réunion : 918 2866 9818 / Code secret : 049197
« Sources portugaises »
- Mathilde Alain (Université Grenoble Alpes), « Circulations entre l’Éthiopie et le Portugal : des relations diplomatiques à la construction des savoirs (XVe-XVIe siècles) ».
Les relations entre l’Éthiopie et le Portugal remontent autour de 1454, date à laquelle un certain « Jorge, ambassadeur du Prêtre Jean » (ce dernier étant associé à l’Éthiopie) apparaît dans un document portugais, signant probablement le début des échanges entre les deux royaumes chrétiens. S’ensuivent plusieurs décennies d’ambassades et de circulations, conduisant à la production d’un vaste ensemble de savoirs (textes, objets). Ces circulations nous éclairent sur plusieurs aspects méconnus de l’histoire éthiopienne et portugaise : d’un côté, la situation du royaume éthiopien dans la première moitié du XVIe siècle, aux prises avec le sultanat du Barr Saʿd ad-Dīn ainsi que les bouleversements géopolitiques de la région ; d’autre part, l’importance stratégique de l’Éthiopie dans les débuts de l’expansion portugaise, en tant qu’allié chrétien de choix dans sa croisade contre l’Islam. J’aborderai dans cette communication les sources disponibles, les pistes de recherches et les défis posés par ces dernières pour écrire l’histoire des circulations entre l’Éthiopie et le Portugal.
- Amélie Lemanceau (Université Paris 1), « L’expédition minière de Francisco Figueira de Almeida dans le Sud-Est africain en 1635-1636 : mobilité des acteurs et diplomatie ».
Dans cette présentation, je proposerai l’étude de l’expédition minière menée par Francisco Figueira de Almeida ayant eu lieu dans le Sud-Est africain en 1635-1636. Cette expédition mobilise plusieurs types d’acteurs : des administrateurs portugais, des Portugais et descendants de Portugais installés dans la région, des souverains locaux appartenant aux groupes linguistiques shona ainsi que des populations shona et tonga. Mon but est d’étudier la mobilité des acteurs. Chez les acteurs portugais et descendants de Portugais, être mobile permet de répondre aux attentes de la Couronne en ce qui concerne les recherches minières et de s’adapter au réseau commercial. En face, l’immobilité des acteurs, shona notamment, semble être une résistance à l’empressement portugais. Nous verrons donc dans cette présentation comment mobilité et immobilité sont des moyens diplomatiques utilisés par les acteurs de la région dans le contexte de l’expédition minière de Francisco Figueira de Almeida.